Lemna Minor
2025
Bruit.
Au sein d’un espace dense de petites lentilles d’eau, l’absence devient forme : une lentille d’eau géante se dessine, non pas par accu mulation, mais par soustraction. Ce phénomène illustre un jeu d’échelles où le vide prend corps par contraste, résonant avec la manière dont le bruit se définit non seulement par la présence d’ondes, mais aussi par les creux qui les façonnent. Cette dynamique rappelle les comportements des par ticules dans mes recherches : elles émergent, s’agrègent, disparaissent, laissant entre elles des espaces où l’organisation et la percep tion fluctuent. Ici, la lentille géante devient une trace visible de l’invisible, une matérialisation du bruit comme agent structurant plutôt qu’un simple fond aléatoire.
Ophélie.
Les préraphaélites cherchaient à capturer la nature avec une précision presque hallucinatoire, chaque feuille, chaque reflet d’eau traité avec une minutie extrême.
Leur peinture ne figeait pas seulement une scène, elle révélait un monde en tension entre ordre et foisonnement. Héritier du courant romantique, ce regard est une ode à la nature, autrefois sublimée, aujourd’hui traversée par des préoccupations écologiques.
Mon installation reprend cette attention au détail :
une spirale se dessine à la surface de l’eau, mouvante, parsemée de fleurs et de lentilles d’eau. L’image oscille entre structure et dissolution, entre maîtrise et abandon, comme si la nature elle-même hésitait entre équilibre et métamorphose.
La notion de désordre, autrefois pittoresque, prend aujourd’hui une dimension plus spectrale, écho aux bouleversements globaux et à l’érosion de la biodiversité.